C’est un fait : la puissance de la grève des personnels de l’Education nationale le 13 janvier a contraint le gouvernement à bouger. Après les annonces du Premier ministre Castex et du ministre Blanquer qui tardaient à se concrétiser, le ministère a annoncé avant-hier au CTM (Comité technique ministériel) que la totalité des candidats aux concours inscrits sur les listes complémentaires seront bien recrutés dès maintenant en tant que fonctionnaires stagiaires. Ils seront affectés à 100%. Les candidats aux concours inscrits sur les listes complémentaires et n’ayant pas le M2 MEEF pourront choisir d’être affectés à 50% (rémunérés à 100%) ou à 100%.
Cependant, c’est loin, bien loin de pouvoir répondre au besoin urgent d’un recrutement massif, notamment pour assurer le remplacement de tous les collègues absents. C’est en effet une priorité pour que soit garanti le droit à l’instruction de tous les élèves, pour que l’école redevienne l’école. Ainsi, pour ce qui concerne l’académie de Bordeaux, il ne reste que 22 candidats sur la liste complémentaire du concours externe de 2021, ce qui est sans commune mesure avec les besoins d’une embauche massive (l’inspecteur d’Académie indiquait à la presse en début de semaine que 60 classes étaient fermées dans notre département faute de remplaçants !). C’est pourquoi, dans un courrier adressé à la rectrice, nous revendiquons que la liste complémentaire soit ré-abondée à hauteur des besoins. En effet, « sur l’académie de Bordeaux, 1369 candidats se sont présentés au CRPE externe 2021, seuls 270 ont été inscrits sur les listes principales ou complémentaires. Il y a donc un vivier de plus de 1099 candidats disposés à devenir professeur des écoles, à prendre une classe immédiatement en qualité de fonctionnaire stagiaire ».
La grève du 13 janvier l’a montré : nous n’obtiendrons satisfaction que par le rapport de force. Commençons, école par école, à lister nos revendications précises et chiffrées : remplaçants, ouverture de classes, postes de RASED, moyens de protection… Faisons-les remonter aux syndicats pour collectivement décider des moyens de les faire aboutir.
Carte scolaire
Nous entrons dans la période de préparation de la carte scolaire pour la rentrée 2022. Le CTSD 1er degré aura lieu mardi 1er février. Or seulement 16 postes sont attribués au département, ce qui est bien insuffisant pour répondre aux immenses besoins.
Crainte d’une fermeture ? Demande d’ouverture ? Faites remonter vos dossiers au plus tard lundi, par mail, téléphone ou en renseignant notre enquête en ligne.
-> Le SNUDIFO47 se tient à votre disposition pour aider à toute mobilisation.
La grève du jeudi 13 janvier dans l’Éducation nationale, conséquence d’un mouvement spontané de colère, de révolte, d’indignation, a été un succès historique : une grève massive, des milliers d’écoles voire d’établissements fermés, des manifestations puissantes… Les personnels en ont assez d’être entravés dans leur travail. Ils n’arrivent plus à exercer leurs missions. Ils veulent que l’École reste ouverte, mais aussi que l’École reste l’École, c’est-à-dire un lieu d’instruction.
Le gouvernement a été contraint d’accéder à la demande formulée la veille par la totalité des organisations syndicales avec la FCPE, et de les recevoir le soir même, sous la présidence du Premier ministre, avec les ministres Blanquer et Véran.
…encore loin de satisfaire les revendications !
Le gouvernement annonce que des enseignants seront recrutés sur la liste complémentaire dans le 1er degré. Cette annonce reste non chiffrée. Encore faudrait-il auparavant que la liste complémentaire soit ré-abondée.
Le Ministre annonce 3 300 recrutements de contractuels «pour la période à venir». Rappelons que les autorisations de recrutement dans le cadre de contrats précaires pour quelques mois n’ont pas permis de trouver de candidats, au vu des conditions financières, de l’absence de possibilité de rentrer dans le statut. En supposant que ces 3 300 soient effectivement recrutés, quelle dotation se verrait attribuer notre département ? Une dizaines de contractuels ? Alors que le Dasen annonce à la délégation intersyndicale reçue jeudi que 36 classes étaient sans remplaçant en début de semaine dernière, chiffre certainement en deçà de la réalité.
Les recrutements annoncés par le gouvernement ne permettront donc pas d’assurer, et de loin, la mise à disposition des moyens humains pour garantir le remplacement systématique de tous les enseignants absents, et pour permettre l’allègement des effectifs !
Quant à nos collègues AESH, aucune réponse ne leur est apportée, ni évoquée, concernant les recrutements, l’exigence du statut de fonctionnaire, d’un vrai salaire et de l’abandon des PIAL. Nos collègues n’acceptent pas. Ils étaient en cortège intersyndical dans la manifestation parisienne d’hier. Dans le Val-de-Marne, Ils sont en grève depuis le 10 janvier et viennent de voter à l’unanimité ce vendredi 14 janvier la poursuite de la grève.
Le gouvernement annonce le recrutement de 1 500 vacataires pour l’aide administrative aux directeurs. Il y a 48 950 écoles en France. Cela correspond donc à 3 recrutements pour 100 écoles, soit 10 recrutements pour les écoles du Lot-et-Garonne !!!
Sur la question des protections sanitaires indispensables pour assurer la sécurité des personnels et des élèves, le gouvernement promet des boîtes de masques chirurgicaux livrées d’ici la fin janvier, ce que l’on savait déjà, mais ces masques ne sont toujours pas disponibles. Quant aux masques FFP2, le ministre annonce enfin qu’ils seraient fournis aux enseignants de maternelle, aux enseignants en contact avec des élèves à besoins particuliers et aux AESH ! Si le ministre reconnaît enfin la nécessité de mieux protéger ces personnels, surexposés à la contamination au virus, « diffuser 5 millions de masques dans le système scolaire » reste vague et très insuffisant ! Des masques FFP2, pour tous, tout de suite !
Concernant les capteurs de CO2, le ministre renvoie une nouvelle fois la responsabilité sur les communes, refusant de prendre en charge le financement de cet équipement de protection ! Rien sur les purificateurs d’air et les produits virucides !
Le Premier ministre confirme le maintien du protocole Blanquer, qui sera donc sans doute bientôt suivi d’une 51ème puis d’une 52ème version, transférant sur les directeurs et les équipes la responsabilité d’assurer un suivi sanitaire des élèves …
Le ministère vient de confirmer par mail le report des évaluations CP CE1 à une date ultérieure. De nombreuses équipes avaient, de toute façon, déjà décidé de ne pas les faire passer.
Aucune annonce sur la question salariale malgré les revendications portées par la FNEC FP-FO devant le Premier ministre ! Alors que le point d’indice est gelé quasiment sans interruption depuis 2010, que les fonctionnaires ont perdu 21% de leur pouvoir d’achat depuis 2000, toujours rien pour les personnels de l’Éducation nationale mis à part la réactivation jusqu’au mois de février de la prime pour l’accueil des enfants prioritaires ! Toujours rien pour les AESH, nombreux dans la grève et la manifestation ! Inacceptable ! Augmentation de 21% de la valeur du point d’indice ! Un vrai statut de fonctionnaire, un vrai salaire pour les AESH !
Pour le SNUDIFO47, le compte n’y est pas et ces annonces ne sont pas à la hauteur de la colère qui s’est exprimée ce 13 janvier ! Indéniablement, le chaos dans les écoles se poursuivra, tant que le gouvernement ne mettra pas les moyens suffisants pour répondre aux demandes indispensables des personnels. Rappelons que le ministre Blanquer a rendu 600 millions d’euros de budget en 2020 et encore 75 millions en 2021 !
Le SNUDIFO47 invite les collègues à se réunir pour prendre connaissance des annonces du Ministre, discuter de la situation, chiffrer leurs revendications dans chaque école et les rassembler localement et au niveau départemental, et discuter des moyens de les faire aboutir.
Malgré le froid glacial et les routes coupées par les inondations, 300 personnels de l’Education nationale se sont rassemblés devant la DSDEN ce 13 janvier à 10 heures, où ils ont tenu une assemblée générale avant de partir en manifestation. Des collègues du 1er comme du second degré ont pu témoigner de la situation dans laquelle les personnels et l’école sont placés par la politique du gouvernement Macron-Blanquer. Ils ont adopté à l’unanimité une motion précisant leurs revendications.
Blanquer et son gouvernement peuvent annoncer un taux de gréviste fantaisiste, ils ne feront pas disparaître la réalité de l’ampleur de la colère qui s’exprime aujourd’hui. Au niveau national, de premières manifestations ont eu lieu ce matin : 5 000 manifestants à Marseille, 4 500 à Rennes, 1 500 à Clermont-Ferrand, 1 000 à Bordeaux, 500 à Mont-de-Marsan… Dans le département comme partout en France, des dizaines d’écoles sont fermées, d’autres comptent une majorité de grévistes. En ce moment même, nos collègues défilent par milliers à Toulouse, à Paris en direction du ministère de l’Éducation nationale.
Si le ministre persiste dans son refus d’entendre notre colère et de satisfaire nos revendications, nous laisse-t-il d’autre choix que de poursuivre la mobilisation ?
Une délégation intersyndicale a été reçue par l’IA-DASEN. Un compte-rendu sera publié sur notre site dans les prochains jours.
C’est certainement une mobilisation sans précédent dans la profession depuis des décennies qui s’annonce demain jeudi 13 janvier. Pour dire stop aux protocoles inapplicables et non protecteurs, aux ordres et aux contre-ordres, pour exiger le recrutement immédiat et massif d’enseignants pour assurer les remplacements et réduire les effectifs, pour exiger de réelles mesures de protection… Des milliers d’écoles seront fermées partout en France. Dans certaines villes ou établissements, la grève, construite par en bas par les personnels avec leurs sections syndicales, a déjà commencé.
Voici quelques remontées partielles dans le département :
Merci pour vos retours. -> Continuez de nous faire remonter l’état de la mobilisation, par retour de mail ou au moyen de notre enquête en ligne.
-> Continuez de nous transmettre la situation dans vos écoles, vos discussions, vos revendications.
Organisation pour la journée du 13
– 10 H Rassemblement et Assemblée Générale sur le parking de la DSDEN : Pour faire remonter les revendications, mandater la délégation et discuter des suites. – 11 H Départ en manifestation, retour à la DSDEN où une délégation sera reçue.
Le CTM (Comité technique ministériel) s’est réuni le 15 décembre. Il avait à son ordre du jour la répartition des postes pour la rentrée 2022. Le CTA (Comité technique académique) lors duquel sera répartie la dotation académique entre les départements se réunit le 17 janvier.
-> Faites remonter au syndicat l’état de préparation de la grève en cliquant ICI
Pour le SNUDIFO47, la question de la grève pour gagner, de la grève jusqu’à satisfaction des revendications est posée. Nous invitons les collègues à la mettre en discussion, pour que l’école redevienne l’école, pour que nos conditions de travail, notre sécurité et notre santé soient rétablies. Nous vous proposons d’en débattre et de faire remonter la situation dans vos écoles et vos revendications en participant à notre RIS en visioconférence ce lundi 10 janvier à partir de 17 H -> Pour participer, cliquez ici.
(*) ATTENTION : – Votre déclaration d’intention de grève (pour les PE, les AESH n’y sont pas soumis) pour le 13 est à envoyer au plus tard ce lundi à 23 h 59. Nous vous encourageons à y inscrire les dates des jours suivants, pour se préparer à toute éventualité. – Les modalités pratiques d’organisation de la journée du 13 seront arrêtées en intersyndicale.
Nous revendiquons :
Le recrutement immédiat et massif d’enseignant.es afin d’assurer tous les remplacements (notamment par le recours à la liste complémentaire) et la création massive des postes, le recrutement d’AESH (et la satisfaction de leur revendication d’un statut de fonctionnaire), des infirmiers·ères, des médecins scolaires, assistantes sociales…
des capteurs de CO2 dans nos classes, maintenant !
des purificateurs d’air dans les cantines maintenant !
des masques FFP2 maintenant pour tous les enseignant.es et AESH (au moins 2 par jour) !
du gel hydroalcoolique et des lingettes virucides pour tous les personnels !
des mesures dès le 1er cas positif, à l’inverse de la désorganisation actuelle permanente des classes et des écoles,
des tests hebdomadaires pour toutes et tous sur les écoles, tests organisés par des personnels de santé et ne reposant pas sur les équipes enseignantes afin que soit brisée la chaîne de contamination,
le rattrapage de notre pouvoir d’achat par l’augmentation de 21 % de la valeur du point d’indice (condition pour rendre le métier attractif).
Face au mépris du trio Macron – Blanquer – De Montchalin qui réussit le triste exploit de refuser une augmentation indispensable du point d’indice alors que dans le même temps les prix de l’énergie s’envolent, le Snudi-FO réaffirme ses revendications salariales.
Nombre de classes non remplacées : 16 à la rentrée ; 25 à ce jour.
Les Maires vont recevoir un courrier du DASEN et du préfet leur demandant d’équiper les écoles de capteurs CO2 et de purificateurs d’air pour les salles qui ne peuvent pas être aérées. Dans le second degré, tous les collèges seront équipés de 3 ou 4 capteurs CO2 d’ici à la fin du mois de janvier.
Suite à un manque d’autotests, une nouvelle commande a été effectuée auprès du rectorat.
5 contractuels ont été recrutés en décembre.
Intervention FO : vous avez envoyé un courrier aux enseignants à la veille de la rentrée en indiquant « au sein des circonscriptions, les IEN et les CPC concentreront tous leurs efforts pour soutenir et accompagner les directrices et directeurs ainsi que les équipes pédagogiques « . Qu’entendez-vous par accompagnement ? concrètement ? Ce matin, une directrice d’école a dû gérer sur son temps de classe un cas de COVID dans son école. Cependant, elle ne peut pas être en responsabilité de classe en gérant la crise en même temps. Elle n’a pas été accompagnée. Ce n’est pas la seule depuis le début de la semaine !
Le DASEN indique qu’il a demandé aux IEN de déployer des moyens pour accompagner les directeurs et les équipes. Apparemment, ce n’est pas suffisant. Il va revenir vers eux pour des consignes plus claires et demander à ce que les directeurs soient remplacés dans leur classe quand un cas de COVID se présente.
Les membres du CHSCT ont d’un commun accord déposé 6 avis :
Avis N°1 Masques
Nous faisons aujourd’hui le constat que tous les protocoles sanitaires mis en place par le gouvernement ne montrent pas leur efficacité, car ils ne résistent pas aux différentes vagues de la covid. Force est de constater que les mesures de protection et de prévention des personnels demeurent très insuffisantes. De plus, avec la vague omicron, dont le taux d’incidence vise particulièrement les établissements scolaires, l’employeur compte toujours sur la distribution de masques, sorte de morceau de tissu qui offre une protection toute relative interdite d’usage dans les hôpitaux.
En conséquence, le CHSCTD demande à son président, la fourniture de masques chirurgicaux (FFP2) à tous les personnels, afin qu’ils bénéficient d’une protection efficace face à l’arrivée de variants nettement plus contagieux.
Avis N°2 Auto tests
Au vu de la situation sanitaire dans les établissements du Lot et Garonne depuis la rentrée du 3 janvier 2022, le CHSCT 47 estime que les mesures de prévention des agent.es sont très insuffisantes.
En conséquence, le CHSCT demande à son président, la mise à disposition d’un autotest par jour et par agent.
Avis N°3 Aération des classes
Depuis 2 ans, M. Blanquer a fait l’annonce d’installation de capteurs CO2 dans les classes.
Dans certains locaux à l’aération impossible, des purificateurs d’air doivent être installés.
Actuellement, nous constatons l’absence de capteurs CO2 et de purificateurs d’air dans les classes.
En conséquence, le CHSCT demande à son président, que tous les établissements scolaires du département soient équipés de capteur CO2 dans les salles de classe et de purificateurs d’air dans les salles où l’aération est impossible.
Avis N°4 « Prise en charge des contrôles des tests par l’administration » :
Suite à la mise en place du protocole sanitaire actuel, les enseignant·es du premier degré doivent eux-mêmes contrôler les tests des élèves «positifs » et « cas contacts » COVID à J0, J +2 et J+4.
Cela entraîne chez les enseignant·es une altération significative de leurs conditions de travail, une impossibilité évidente de ne pas pouvoir exercer leur métier d’enseignants et évidemment, une tâche de contrôle qui est souvent lourde de conséquence dans le relationnel avec les parents.
Il nous semble évident que ce travail-là ne peut et ne doit être assumer par le personnel enseignant mais bien par l’administration dont le premier rôle est d’assurer la protection du personnel.
Nous rappelons que chaque circonscription dispose d’un assistant de prévention.
En conséquence, nous demandons au président du CHSCT que la vérification des tests ainsi que les attestations sur l’honneur puisse être effectuées par l’équipe de circonscription.
Avis N° 5 « Moyens de remplacement »
Le CHSCT 47 constate le manque de moyens de remplacement dans notre département. Les absences ne sont pas remplacées. Cela s’ajoute à un climat de travail anxiogène et à une charge accrue de travail en lien avec cette crise sanitaire. Les moyens de remplacement dans chacune des catégories professionnelles de l’Éducation Nationale sont insuffisants : enseignants, CPE, surveillants, AESH, personnels médicales, agents administratifs et d’entretien …
En conséquence, le CHSCTD demande à son président, le recrutement immédiat de personnels de toutes les catégories afin de garantir la santé et la sécurité de tous les personnels..
Avis N° 6 « Remplacement des directeurs »
Suite aux consignes sanitaires demandées depuis la rentrée du 3 janvier à la suite d’un cas confirmé de COVID dans une école, le CHSCT 47 constate que les directeurs sont contraints de faire appliquer un protocole, en ayant en charge à la fois cette gestion de crise et leur classe.
En conséquence, le CHSCTD demande à son président, à ce que le directeur soit remplacé immédiatement pour la bonne gestion de la crise. Le directeur ne pouvant être à la fois en responsabilité de classe et en gestion de l’école lors d’un cas COVID.
Les 6 avis ont été votés à l’unanimité par les représentants syndicaux.
Le DASEN fera remonter les 5 premiers avis au Secrétaire Général de l’Académie de Bordeaux et a décidé de prendre en compte l’avis N°6 sur le remplacement des directeurs lors d’un cas de COVID.
Alors que le ministre de la santé évoque un « raz de marée » épidémique (1), le ministre de l’Éducation nationale maintient les écoles ouvertes sans aucune disposition supplémentaire pour protéger les personnels (toujours pas de masques FFP2, toujours pas de capteurs de CO2…).
Aucun recrutement de personnels enseignants (en particulier pour pourvoir au manque de remplaçants), médecins et infirmiers scolaires, psychologues…
Une 48ème version de la « Foire aux questions » (2) publiée le 2 janvier fait, une fois encore, retomber sur les enseignants, en particulier sur les épaules de nos collègues directrices et directeurs d’écoles, la gestion de la crise, générant des risques psycho-sociaux.
Chaos et désorganisation accrus sont au programme de cette rentrée. Ainsi, on apprend que sur une seule circonscription, ce sont 20 enseignants remplaçants qui font défaut dès ce premier jour de la reprise…
Personne n’est dupe : le maintien des écoles ouvertes dans de telles conditions n’a rien à voir avec le souci du maintien de l’enseignement dû aux élèves. Il répond avant tout à des considérations d’ordre économique.
Car s’il s’agissait réellement de garantir coûte que coûte l’enseignement à nos élèves, le ministre débloquerait immédiatement des moyens exceptionnels, pour recruter en masse du personnel, permettant de garantir le remplacement des personnels absents et de dédoubler les classes afin d’assurer les meilleures conditions sanitaires possibles.
Or non seulement il ne le fait pas, mais il persiste avec mensonges, atermoiements et contradictions, prenant la responsabilité de mettre en place le plus gigantesque chaos (3).
Assez de mépris ! Des mesures d’urgence sont nécessaires immédiatement !
Quelle autre alternative possible que la grève pour gagner ?
La FNEC FP FO a déposé un préavis de grève jusqu’au 20 février.
→ Le SNUDIFO47 appelle les collègues à se réunir dans toutes les écoles pour établir le constat de la situation, dresser la liste des besoins en personnels, définir les moyens à mettre en œuvre.
→ Le SNUDIFO47 invite tous les collègues à se réunir en visioconférence pour échanger sur les conditions de la reprise, les problèmes rencontrés, les revendications et les initiatives à prendre :
Pour le SNUDI-FO, aucune raison d’accepter l’inacceptable, de subir sans réagir.
Ce que nous écrivions dans notre communiqué du 16 décembre est plus que jamais d’actualité :
-> FO continue de revendiquer un plan d’urgence de recrutement immédiat, massif et statutaire de personnels pour assurer au minimum tous les remplacements et alléger et dédoubler toutes les classes pour permettre une continuité des apprentissages dans ce contexte sanitaire dégradé et une protection des personnels et des élèves.
-> Signalez toute absence non remplacée, au moyen de notre formulaire en ligne, ou par simple mail.
-> Signalez toute situation qui impacte votre sécurité, votre santé et vos conditions de travail en remplissant une fiche RSST ou DGI.
-> Reportez-vous à nos consignes syndicales, et n’hésitez pas à contacter votre syndicat.
(1) Explosion de l’épidémie en France avec plus de 200.000 cas par jour que le ministre de la santé qualifie de véritable « raz de marée », un taux de contamination de près de 1.000/100.000 chez les moins de 10 ans, alerte de cinquante professionnels de santé qui s’inquiètent des conditions de cette rentrée (relayée par le JDD le 26 décembre), inquiétudes du Conseil scientifique qui estimait, le 23 décembre, qu’il y aurait 1/3 des enseignants qui seraient touchés de façon directe ou indirecte par le COVID et le ministre ne change rien…
(2) La nouvelle FAQ, publiée le 2 janvier 2022, maintient pour l’essentiel les arbitrages en vigueur avant l’arrivée du variant Omicron. A noter cependant :
– L’apparition de 3 cas positifs parmi les élèves n’entraîne plus de fermeture de classe ! Les élèves positifs sont placés en éviction. Les élèves de la classe (et autres élèves déclarés cas contact) doivent passer, indépendamment de leur statut vaccinal, un test PCR ou un test antigénique le jour même et revenir en classe avec le résultat négatif du test. Les parents des élèves doivent ensuite attester sur l’honneur de la réalisation de deux autotests négatifs à J+2 et J+4 à compter du premier test.
– Le 1er degré étant maintenu au niveau 3 du protocole sanitaire, le brassage est interdit entre classes. En cas d’absence non remplacée d’un enseignant, les élèves ne peuvent donc être répartis et la classe est fermée.
– Il n’y a plus d’isolement pour les personnels cas-contacts dont le schéma vaccinal est complet ! Les personnels disposant d’un schéma vaccinal complet doivent réaliser immédiatement un test antigénique ou PCR puis réaliser des autotests à J+2 et J+4 à compter du premier test. Comme pour les élèves, ces autotests seront délivrés gratuitement en pharmacie lors de la réalisation du premier test ou sur présentation d’un bon remis par le laboratoire ayant procédé au prélèvement.
– Le ministère demande de privilégier les réunions en distanciel au sein des équipes, sans donner à cette consigne un caractère obligatoire. De même, si les réunions et rendez-vous avec les parents en présentiel sont « vivement déconseillées », aucune consigne contraignante n’est donnée à cet égard. En revanche, la FAQ indique que « les moments de convivialité entre élèves et personnels ou entre personnels doivent désormais être prohibés » !
(3) Le 28 décembre, il déclarait sur France Inter : « Vu la contagiosité du variant, il y a un risque d’absentéisme accru. Nous débloquerons tous les moyens pour y faire face, notamment en moyens de remplacement, en capacité de recrutement de contractuels et de vacataires, en mobilisation, par exemple de jeunes retraités de l’éducation nationale » puis il annonçait qu’il faudra plusieurs tests, deux ou trois pour revenir en classe, déclaration aussitôt démentie par les services de son ministère.