Retraites : Déclaration du Bureau Confédéral Force Ouvrière

Parce que le projet de loi sur les retraites est dicté par des raisons liées aux marchés financiers et aux engagements restrictifs au plan européen, ce qui en fait un élément clef du plan d’austérité mis en place ;

Parce que ce projet constitue une contre-réforme très largement rejetée par les salariés et se situe à l’opposé des propositions et revendications défendues et déclinées par FORCE OUVRIÈRE ;

Dès le départ FORCE OUVRIÈRE a revendiqué le retrait de ce projet pour une autre réforme basée sur le financement et répondant aux besoins sociaux.

De la même manière, convaincue qu’il faudrait un rapport de force important pour faire reculer le gouvernement, à différentes reprises, FORCE OUVRIÈRE a proposé un appel commun des confédérations à 24 heures de grève franche public/privé, point d’appui pour un élargissement déterminant du mouvement.

Ce fut encore le cas le 4 novembre 2010, avant la promulgation de la loi, lors de la dernière réunion des syndicats, proposition refusée par les autres organisations.

Convaincue, parallèlement, que l’unité d’action était nécessaire, FORCE OUVRIÈRE s’y est pleinement engagée, sur ses positions, dès le 7 septembre.

Plusieurs manifestations inédites et exceptionnelles par leur nombre et leur ampleur n’ont pas fait céder le gouvernement qui a affiché un mépris et une conception autoritaire du dialogue social.

Pour le bureau confédéral de FORCE OUVRIÈRE, tout n’a pas été tenté pour obtenir satisfaction, notamment l’appel commun à 24 heures de grève pour solidifier, coordonner et unifier un mouvement qui a pris la forme de grèves reconductibles, de débrayages, de manifestations et d’actions.

FORCE OUVRIÈRE continuera à marteler ses positions et revendications et à prendre des initiatives en matière de retraites dans les semaines et mois à venir, excluant de faire oublier ou de zapper les retraites au profit d’autres dossiers qui seront traités à part et sur lesquels notre cahier revendicatif est prêt.

Le bureau confédéral confirme, par ailleurs, son opposition à toute mise en place d’un régime unique par points ou comptes notionnels, antichambre de la capitalisation.

Dans le même temps, y compris par respect des salariés qui ont fait grève, FORCE OUVRIÈRE ne saurait s’engager ni dans une stratégie d’oubli ou de diversion, ni dans une stratégie d’épuisement.

Pour toutes ces raisons, FORCE OUVRIÈRE ne participera pas à la réunion des syndicats du 8 novembre et réaffirme sa pleine disponibilité et son plein engagement pour construire réellement le rapport de force dans une démarche de résistance et de reconquête.

Retraites : déclaration de la Commission Exécutive Confédérale

Face à un projet de loi socialement injuste et économiquement inefficace, dicté par les attentes des marchés financiers et par des engagements européens restrictifs, Force Ouvrière a, dès le 15 juin 2010, engagé le combat pour revendiquer son retrait.

Depuis cette date, à 7 reprises, dans l’unité d’action et non dans l’unicité, FO a réaffirmé ses positions et ses propositions pour garantir le système par répartition en dégageant les moyens de financement nécessaires.

A 7 reprises, plusieurs millions de salariés sont descendus dans la rue. Dans de nombreux secteurs, entreprises et administrations, des travailleurs ont fait grève, y compris de manière reconductible, et organisé des actions. A plusieurs reprises, pour unifier et coordonner le mouvement, FO a proposé un appel national commun des confédérations syndicales à 24h de grève interprofessionnelle (public/privé), initiative de nature à renforcer le mouvement pour obtenir l’abandon du texte gouvernemental, ce qui a été refusé par d’autres organisations syndicales.

C’est ce que Force Ouvrière réaffirmera le 6 novembre prochain tout en affirmant que des manifestations à répétition sans grève ne peuvent pas être efficaces.

Pour la Commission exécutive de FO, le dossier des retraites n’est pas clos. FO entend saisir toutes les occasions pour rappeler ses positions, exiger l’abrogation de la loi, garantir le système de retraite par répartition et le code des pensions civiles et militaires. Ceci impose de combattre toute velléité de régime unique par points ou par comptes notionnels, source d’individualisme et de développement de la capitalisation

Ce qui est fondamentalement en cause avec et au travers du dossier retraite, ce sont la nature de la politique économique menée, l’explosion des inégalités sociales, la nécessité d’une autre répartition des richesses avec notamment une augmentation des salaires et une grande réforme fiscale.

Un esprit de résistance et de combat s’est installé. FO s’en félicite et entend continuer à tout faire, en tant que syndicat libre et indépendant pour le préserver.

(Adoptée à l’unanimité)

Paris, le 3 novembre 2010.

Samedi 6 novembre : Appel à tous les salariés pour manifester

Certains salariés sont en grève depuis le 12 octobre, depuis près de 3 semaines…

Pendant ce temps le gouvernement multiplie les provocations contre les jeunes en envoyant les CRS pour débloquer les lycées ou en les empêchant de manifester avec l’ensemble des salariés.

Il multiplie les atteintes contre le droit de grève en réquisitionnant les personnels grévistes et en envoyant les CRS pour casser les piquets de grève, les points de blocage.

Pour défendre le droit de grève, pour défendre les jeunes et les salariés confrontés à ces provocations, pour faire abroger la loi sur les retraites, existe-t-il une autre solution que d’appeler nationalement et unitairement à la grève pour bloquer le pays jusqu’à ce que le gouvernement cède !

N’est-ce pas la voie qu’ont suivie nos anciens qui se sont battus en 36, en 45, pour les congés payés, pour les retraites, pour la solidarité entre les salariés ?

Pour l’Union Départementale Force Ouvrière, nous appelons clairement les salariés à manifester dans le cortège Force Ouvrière :

Pour le retrait, l’abrogation de la loi

Pour le blocage du pays

Pour un appel national unitaire à la grève pour bloquer le pays

Retraites : Les revendications de la Fédération FO de l’Enseignement (FNEC-FP FO)

Avec la Confédération Générale du Travail FO, le Congrès de la Fédération Nationale de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle FO affirme que le projet gouvernemental constitue la réponse aux exigences des marchés financiers, des agences de notations américaines et de l’Union européenne pour combler les énormes déficits publics créés par les milliards d’euros versés par les Etats aux spéculateurs et aux banquiers lors de la crise ouverte en 2008, crise du système capitaliste.

La FNEC-FP FO, avec sa Confédération confirme les mandats du congrès de Lille intégrant l’exigence du retour aux 37,5 annuités.

Elle s’oppose :

-au passage de l’âge d’ouverture des droits à la retraite de 60 à 62 ans (de 55 -à 57 ans pour les personnels en service actif),

-au passage de l’âge de la retraite sans décote de 65 à 67 ans,

-à l’augmentation du nombre d’annuités de cotisation pour une retraite à taux plein. Non aux 41,5 années, 40 ans, c’est déjà trop,

-à la suppression de la retraite à jouissance immédiate après 15 ans de Fonction publique pour les mères de famille ayant élevé 3 enfants…

-à la remise en cause du Code des pensions civiles et militaires de l’Etat.

-à la baisse de salaire des fonctionnaires par l’augmentation de 3% de la « retenue pour pension ».

Le contenu du projet de loi est inamendable. Il doit être retiré purement et simplement retiré.

Le Congrès réaffirme son opposition aux journées d’action à répétition, aux actions « originales » qui envoient la classe ouvrière dans le mur. Le Secrétaire général de la Confédération a raison : pour établir le rapport de force, il n’y a pas d’autres solutions que de bloquer le pays.

Le Congrès condamne toute tentative, sous quelque forme que ce soit, de faire reporter sur les salariés la responsabilité d’un quelconque échec dans le combat contre le projet gouvernemental. Nul doute qu’un appel de toutes les confédérations à la grève jusqu’au retrait obligerait le gouvernement à reculer. De ce point de vue il est de la responsabilité des confédérations de répondre positivement à la Confédération FO.

Le Congrès soutient sans réserve les assemblées générales qui se tiennent partout, qui, en ce moment, décident ou préparent la reconduction de la grève pour exiger le retrait de la réforme des retraites. Il est de la responsabilité des Fédérations de l’enseignement de répondre à l’appel du congrès de la Fédération FO de l’Enseignement (l’appel propose une réunion immédiate des fédérations avec la proposition d’appeler sans délai à la grève jusqu’au retrait).

c’est par la grève, par la grève jusqu’au retrait qu’il sera possible de faire reculer le gouvernement

La FNEC FP–FO a participé hier après-midi 13 octobre à la réunion des fédérations syndicales de l’Education nationale convoquée par la FSU dans ses locaux.

La FNEC FP–FO a proposé d’adopter une déclaration pour le retrait ou l’abandon du projet de loi sur les retraites et d’appeler à tenir des assemblées générales et à réunir ainsi à tous les niveaux les conditions de la reconduction de la grève pour le retrait.

À cette étape et bien que par centaines de milliers les enseignants aient participé aux journées de grève et aux manifestations ces dernières semaines, les responsables des organisations présentes (FSU, SGEN-CFDT, SE-UNSA, FAEN, SUD Education, FERC-CGT) n’ont pas souhaité répondre positivement à la proposition de Force Ouvrière.

À cette proposition les responsables de la FSU et du SGEN-CFDT et du SE- UNSA ont refusé de s’associer pour la raison que les propositions de FO ne « feraient pas l’unanimité ».

Ils ont proposé d’autres formes d’actions centrées sur le budget et ont confirmé qu’ils participeraient à la journée d’action du 16 octobre sur les retraites.

La FNEC FP–FO reste persuadée que, aussi puissantes soient-elles, les manifestations ou les actions diversifiées ne feront pas reculer le gouvernement. Ce qui s’exprime à tous les niveaux c’est que c’est par la grève, par la grève jusqu’au retrait qu’il sera possible de faire reculer le gouvernement.

D’ores et déjà des secteurs entiers, dans le public comme dans le privé, rentrent en grève : SNCF, transports, territoriaux, raffineries, hôpitaux, équipement, métallurgie, …

Pour la FNEC FP–FO, c’est dans ce mouvement que les enseignants veulent et doivent se situer, dans ce mouvement de grève interprofessionnelle, de grève pour le retrait.

Déjà dans de très nombreux départements, des assemblées se tiennent avec les organisations syndicales et décident d’appeler à la tenue de réunions dans les lycées, les écoles, les services, les universités pour décider la grève.

La FNEC FP–FO considère que dans l’unité la plus large, pour le retrait de la réforme, il faut multiplier ces assemblées et réunions à tous les niveaux.

En toute connaissance de cause, la FNEC FP–FO appelle ses syndicats et sections, ses militants et adhérents à préparer et à participer aux assemblées générales, à les convoquer dans l’unité la plus large, à y proposer et à y décider la grève maintenant, à se mettre en grève pour faire reculer le gouvernement.

Réussir le 12 octobre et reconduire la grève

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Il n’y a plus lieu de tergiverser.

La grève et les manifestations du 12 doivent être les plus massives possibles. Le gouvernement s’obstine dans son projet de loi sur les retraites, projet de loi qui représente pour chacun d’entre nous de fortes diminutions de nos futures pensions.

Dans ces conditions, nous pouvons faire le calcul : si nous reconduisons la grève, nous prenons certes le risque de perdre des sommes importantes, mais, grâce à cette grève, nous pouvons faire reculer le gouvernement. Cette perte de salaire serait alors un faible investissement par rapport à ce que nous aurons gagné.

C’est pourquoi nos organisations considèrent qu’il faut poursuivre la grève après le 12 octobre, pour exiger le retrait de ce projet de réforme des retraites et obtenir l’ouverture de négociations pour une autre réforme des retraites par répartition.

Il faut se réunir ce jour-là pour le décider ensemble.

Les salariés d’autres secteurs ont déjà annoncé leur intention de poursuivre après le 12.

C’est le moment d’agir tous ensemble.

Il est indispensable qu’un maximum de collègues participent le 12 octobre :
– à l’AG interprofessionnelle qui se tient à Agen après la manif à la rotonde du stadium
– aux AG Éducation : Agen, IUFM, 15 heures ; Tonneins, Salle Tapol, 10 heures

La FSU 47, le SNUDI FO, la CGT Éduc’Action 47 décident d’appeler à la grève le 12 octobre et à la reconduire dès le 14.
[[Dans le premier degré, les collègues des écoles doivent envoyer leur déclaration d’intention pour les 12, 14, 15, 18, 19, 21 et 22 octobre.]]
[[Des préavis de grève reconductible ont été déposés nationalement à partir du 12 octobre.]]

Le 12 octobre : Grève, Manifestations, Assemblée Générale

Depuis des mois, nous exigeons le retrait du projet de loi sur les retraites et nous affirmons que pour faire reculer le gouvernement seule la grève interprofessionnelle jusqu’au retrait permettra de créer le rapport de force nécessaire : les journées saute-moutons ayant montré toute leur inefficacité ces dernières années.

Nous nous félicitons que des syndicats CGT, CGC, UNSA, CFDT, Solidaires à la RATP, à EDF, à la SNCF, à Marseille rejoignent la position de FO.

Si nous n’en sommes pas encore là dans le département, nous continuons à travailler pour la construction d’un rapport de force passant par la grève reconductible jusqu’au retrait.

Le SNUDI FO revendique :
le maintien du départ à 60 ans à taux plein
le retour à 37,5 annuités pour tous, public et privé
la suppression de la double peine de la décote
le maintien des 10 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public
le maintien du code des pensions

Le 12 octobre, faites grève, manifestez, participez aux AG !

NI AMENDABLE,NI NÉGOCIABLE

RETRAIT DE CETTE RÉFORME !

Manifestations :

Agen, 10h, place de la Préfecture

Marmande, 15h, Esplanade du Maré

Assemblée Générale Éducation Nationale : Agen, 15h, IUFM

Lettre ouverte aux syndicats de salariés de Lot et Garonne

À la suite de l’intersyndicale nationale du 24 septembre, dont les décisions ne nous satisfont pas, le SNUDI FO 47 s’adresse à vous pour débattre d’autres perspectives.

Que combattons-nous ?

Une réforme qui érige en loi le triple vol de nos retraites.

Premier vol : de 1992 à 2008 les patrons ont été exonérés de 255 milliards d’€uros. Ces exonérations ont été partiellement compensées par l’État à hauteur de 225 milliards. Il manque donc à la Sécu 30 milliards. Cet argent c’est le nôtre, c’est notre salaire différé.

Deuxième vol : L’État compense, pas en totalité, ce qu’auraient dû verser les patrons, avec nos impôts

Troisième vol : Avec cette réforme le gouvernement veut combler ce « déficit » en baissant nos retraites, en allongeant la durée de cotisation.

Et dans le même temps, 47 milliards d’€uros de bénéfices pour les entreprises du CAC40 en 2009, 700 millions d’€uros reversés aux plus riches avec le bouclier fiscal, 6 milliards pour la loi TEPA…

Prendre l’argent aux salariés pour le donner aux plus riches… Quel syndicat peut accepter cela ?

Obliger le gouvernement à retirer cette réforme des retraites, c’est l’obliger à ne pas obéir aux injonctions des marchés financiers, c’est remettre en cause les exonérations patronales, proposer d’augmenter les salaires et de créer les emplois nécessaires dans tous les secteurs pour pérenniser notre système de retraites par répartition.

Notre responsabilité est grande vis-à-vis de tous les salariés et de tous les jeunes.

Est-ce que des manifestations le samedi ou des grèves tous les 15 jours peuvent faire reculer le gouvernement ?

Le rapport de force nécessaire exige une grève interprofessionnelle nationale, pour bloquer le pays, pour obtenir le retrait de cette réforme des retraites, comme en 1995.

Pour une enquête qui leur a été proposée pendant la manifestation à Agen du 23 septembre, à la question « Qu’est-ce qui est nécessaire selon vous pour obtenir l’abandon de la réforme ? », les manifestants ont répondu quasi-unanimement « grève reconductible ».

Et ce n’était pas FO qui était à l’initiative de cette enquête.

C’est le blocage du pays par la grève dans tous les secteurs professionnels qui fera reculer le gouvernement.

Pour notre part, avec notre Fédération et notre Confédération, nous y sommes prêts et nous pensons qu’il revient aux syndicats d’y appeler dans l’unité, dans la situation favorable qu’est l’état d’isolement dans lequel s’est mis le gouvernement par la politique qu’il mène et par toutes les affaires qui l’éclaboussent et le déconsidèrent.

Ne pouvons-nous pas, en notre âme et conscience, affirmer que nous sommes prêts à créer le rapport de force nécessaire, à décider que cette réforme ne doit pas passer ?

Ne pouvons-nous pas répondre, dans l’unité, à la demande de l’immense majorité des manifestants ce 23 septembre qui demandent la grève interprofessionnelle jusqu’au retrait ?

Nous vous proposons d’en discuter, et de mettre cette proposition en débat dans nos instances, intersyndicales, assemblées générales, qui se réuniront dans les prochains jours.