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Syndicat des Instituteurs, Professeurs des Écoles, EVS et AVS
À ceux qui doutent encore du démantèlement de l’école et de sa territorialisation
Publié; le 29 janvier 2016, mis à jour le 31 janvier 2016 | Cécile Augé

L’avant projet académique 2016-2020 consultable sur le site de l’académie de Bordeaux servira de cadre à la rédaction de nos futurs projets d’école.
Si l’on retrouve les axes classiques, les actions qui y sont inscrites méritent notre attention.

Axe 1 : Améliorer les parcours des élèves

Dans ce point, nous relevons l’institutionnalisation de la liaison école-collège (p 5 et 6) qui sera installée « définitivement en dynamisant les conseils écoles-collèges » et dont l’objectif sera « d’améliorer la continuité des apprentissages dans les 1ers et 2nds degré en optimisant la cohérence (…) des circonscriptions et des réseaux écoles-collèges »

On ne peut s’empêcher de mettre cela en corrélation avec le projet de modification du décret de 2008 sur nos horaires de service et le rapport Caraglio-Leloup qui recommande une modification de l’organisation des circonscriptions, voire leur disparition, au profit d’établissements regroupés du 1er et 2nd degrés autour de financements autonomes, de projets, d’objectifs et de territoires communs.

Axe 2 : Réduire les écarts de la performance scolaire

Ici, nous pointons du doigt le mélange entre ce qui relève de l’Education Nationale et de la politique de la ville avec les Plans Educatifs Locaux ( PEL) ou les Projets Educatifs Territoriaux (PEdT), ces derniers étant déjà mis en œuvre par les municipalités dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires pour les TAP. On y parle de « pilotage ouvert sur les territoires pour la mise en œuvre des projets éducatifs (PEL et PEdT) articulés avec les projets d’établissement, d’école ou de réseau ». (p 11 et 12)

Il faut y voir une conséquence directe de la réforme des rythmes scolaires. Le partenariat ville/école est institutionnalisé. Ne connaissons-nous pas, dans notre département, des municipalités qui, pour des raisons financières ou géographiques, ne parviennent pas à organiser des temps d’accueil périscolaires corrects, alors que des communes plus riches, mieux situées n’ont aucune difficulté ?

Comment peut-on faire preuve à ce point de malhonnêteté intellectuelle en laissant croire que ces ouvertures sur la politique de la ville peuvent réduire les écarts des territoires et résoudre la difficulté scolaire ?

Axe 3 : Développer les compétences professionnelles de tous les personnels

Enfin, dans ce dernier chapitre, nous devrions nous réjouir de voir que la formation continue est à l’ordre du jour. Mais ne nous laissons pas leurrer.

- La formation n’est qu’un prétexte à amener les enseignants à s’adapter au cadre imposé par les besoins locaux « cibler la formation continue (…) en développant les formations d’initiatives locales » (p13). Ainsi, si une municipalité décide de mener un projet particulier pour les TAP, l’Education Nationale pourra proposer des animations pédagogiques en lien avec le PEdT, dans le cadre de l’ouverture proposée dans l’axe 2. C’est un premier pas vers le droit de regard sur le contenu pédagogique des collectivités territoriales

- La formation n’est qu’un support pour servir à l’officialisation de ce qui est annoncé dans les 2 axes précédents, à savoir les réseaux écoles-collèges, la refonte des circonscriptions, et la disparition des spécificités des différents corps d’enseignants « initier des formations inter-degrés au service de la continuité des apprentissages ».

Nous sommes dans nos classes, dans nos écoles, loin de ce qui se trame en amont de nos préoccupations quotidiennes. Depuis des années, progressivement, les différentes réformes qui touchent l’Ecole de manière ponctuelle, sans liens apparents, ont insidieusement tissé leurs toiles. Les premières conséquences sur nous, notre travail en classe, notre profession, se font déjà sentir.

Dans cet avant-projet, les orientations pédagogiques tout à fait louables, comme la lutte contre la difficulté scolaire, servent en réalité de paravent à la mise en place des réformes qui continuent de toucher et de détruire l’école.
Qui peut croire que l’adaptation au local, la place grandissante des collectivités peut d’une part résoudre les difficultés de nos élèves et d’autre part améliorer nos conditions de travail ?

Dès l’annonce de la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, seul le SNUDI FO avait dénoncé les dérives qui pouvaient en découler : inégalités des territoires, dégradation de nos conditions de travail, mélange collectivités territoriales/Education Nationale et au final territorialisation de l’école.
Force est de constater que ce qui se prépare nous donne hélas raison. Nous regrettons que les syndicats qui étaient favorables à cette réforme n’aient pas été capables de faire cette analyse, désignant alors le SNUDI FO comme syndicat rétrograde !

cale

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